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C’est tous les matins pareil, je prends mon métro, mon RER, longe mes couloirs et ma foule, ma solitude. Mais ce matin je m’arrête, je le vois, plutôt je le reconnais. On s’est fréquentés il y a longtemps, compagnons de boulot. Malgré les années j’en suis sûre. Je marche vers lui, il lève les yeux. Les mêmes yeux, la même expression goguenarde. Il est assis, emballé dans une couverture, un gros sac en toile sur son flanc. Il me regarde, je lui souris. A ses pieds, un gobelet plastique avec deux trois pièces jaunes. Je sais pas quoi dire.
Salut ! ça fait un bail !
Il lève à nouveau les yeux vers moi, regarde mes mains puis redescend sur mes bottes.
On était ensemble à l’atelier Vanda, tu te rappelles ?
Il plisse les yeux, hésitant, scrute mon visage, plonge dans sa mémoire. J’insiste.
Tu te rappelles, dis ?
Et puis d’un coup son visage s’éclaircit, il écarquille les yeux, prend la foule à témoin : Mais qu’est-ce qu’em’ veut celle-là ? Allez ! fiche le camp puisque j’ te connais pas !

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