maison

Je l’ai trouvée étalée dans la rue, au hasard d’une marche. Les meubles avaient été éparpillés sur le trottoir avec quelques objets volumineux, un aspirateur, un abat-jour, un long miroir. Les autres objets étaient fichés pêle-mêle dans de gros sacs en plastique béants. Dans l’un d’eux un tas de vieilles cartes postales et de lettres adressées à un couple, une horloge de chevet, de la lingerie, une quantité sérieuse de missels et d’images saintes, des photographies jaunies, des petites boîtes renfermant de la bijouterie fantaisie ainsi que deux alliances, deux paires de lunettes, trois trousses de médicaments, un nécessaire à couture, et puis une petite poêle très sale sans doute ajoutée au dernier moment.
Munie de ces indices et de ceux trouvés en visitant les autres sacs, je reconstituai la maison, l’agencement des meubles, l’odeur des pièces, le type d’éclairage, les tapisseries sur les murs, et me figurai avec la même nécessité le visage et les gestes de la veuve décédée.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :