trappe

Lorsque dans une soirée, à un repas ou au beau milieu d’une conversation, il me prend soudain un gros sentiment d’embarras, d’éreintement ou d’ennui, je dispose depuis peu d’une trappe secrète que j’actionne sans que personne ne s’en aperçoive. Elle me permet de me retirer sur-le-champ et d’aller tranquillement renifler un brin d’herbe, fouler une prairie au claire de lune, me rafraîchir au bord de l’eau ou me glisser dans un buisson pour écouter des oiseaux. Pendant ce temps, mon cerveau répond docilement à ma place et conduit les opérations courantes. La discussion, la fête vont continuer normalement, et moi je serai loin.
Combien de fois j’avais rêvé de fuite avant de découvrir ce lumineux subterfuge ! J’en ai mangé des discussions graisseuses, des commentaires enrayés, des questions rabâchées, des pourquoi, des comment… Maintenant, plus de blabla ! Ni une ni deux, je fous le camp !
J’avoue que cette manœuvre m’a sauvé plus d’une fois la mise, pour la simple et bonne raison que je suis incapable de tenir une conversation.

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