contrôle Z

Je suis littéralement fascinée par la fonction « z », informatiquement parlant. Au point que bien souvent j’ai été tentée d’appuyer sur cette touche prodigieuse dans la vraie vie, je veux dire hors de l’écran, hors du clavier, hors de toute technologie. Pendant une période ce réflexe est même devenu une obsession, sitôt suivi d’une immense et évidente frustration. Si j’avais eu un mac, sans doute qu’appuyer plusieurs fois par jour sur la touche pomme z n’aurait pas eu la même magie. Étant donné mon équipement, cette touche s’est toujours appelée pour moi indissociablement contrôle z. Elle permet à tout moment un retour en arrière et provoque notamment l’effacement, de façon plus ou moins étendue, de ce qui vient d’être effectué ou inscrit, mais également son contraire, la réintégration immédiate de ce qui a été effacé.
Au point fort de mon obsession j’avais eu le projet d’écrire une fiction, intitulée « Contrôle z », dont il me reste aujourd’hui quelques notes tapouillées dans un fichier. Cette histoire futurisante racontait la création et le développement d’une vaste entreprise par un consortium d’hommes d’affaires, de savants et de politiques. Leur programme, appelé « CTRLZ », s’appuyait sur de récentes découvertes scientifiques permettant d’isoler et d’endormir certains circuits de la mémoire considérées comme nuisibles. L’entreprise, que les réclames déclaraient pionnière dans la conquête économique du bonheur, proposait ses services personnalisés aux individus souhaitant se payer un oubli : un souvenir d’enfance traumatisant, la rupture douloureuse avec un(e) petit(e) ami(e), l’expérience dramatique d’une guerre, d’une agression, d’une catastrophe naturelle, etc. Adieu les interminables séances chez les psychiatres, psychologues, psychanalystes ! promettait une autre réclame. Les formules étaient efficacement adaptées aux besoins et aux moyens de la clientèle : rendez-vous personnalisés, cures, stages en entreprise, cabines automatiques, sans oublier la section expérimentale pour les plus démunis. Dans l’histoire, les gens affluaient pour s’offrir un de ces services, l’entreprise connaissait un succès phénoménal et s’étendait bientôt à l’échelle d’une ville. Les autorités, d’abord réticentes, finissaient par s’associer au programme et encadrer des procédures d’accompagnement ou d’internement selon les cas.
La suite, la fin, je ne m’en rappelle plus, mais je ne peux m’empêcher de penser que je l’ai écrite, dans ce fichier ou dans un autre.

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