patinage

Bien que je sois encore aux rudiments de ce sport, j’ai pris goût à aller à la patinoire. Je n’ai pour l’instant pas d’équipement à moi et loue le nécessaire sur place.
Trouver les bons patins n’est pas une chose facile, contrairement à ce qu’on peut croire. Il faut choisir la bonne taille, ni trop serrée ni trop large, pour que le pied se moule confortablement dans la chaussure. Comme je suis entre deux pointures, je dois souvent essayer plusieurs paires avant de trouver les meilleures bottines, celles qui me feront le moins mal.
Quoique débutante, je refuse catégoriquement de porter casque, gants ou genouillères et préfère de loin une bonne chute à la feinte d’un exercice très certainement dangereux. Tous ces équipements de protection sont pour moi de vulgaires déguisements, je ne viens pas là pour ce genre de distraction.
Si j’aime cette activité, c’est parce qu’elle me change radicalement de mes mouvements ordinaires et me fait prendre de plus en plus conscience de mon aversion pour la marche ou la course. Sur la glace on évolue d’une manière très différente, obéissant à un système particulier qui est celui de la glisse. Même si je chute encore beaucoup, c’est cette dimension que je souhaite approfondir.
Dès que j’entre dans la ronde et laiteuse étendue de glace, je me sens approcher de mon élément idéal. La lame de mes patins fend le lac gelé. Mes pieds pour ainsi dire dessinent. Évidemment, je suis encore loin de patiner de façon harmonieuse et m’emploie pour le moment à parfaire mon équilibre. Si par malchance je bascule et chois au milieu de la piste, je m’empresse aussitôt de remonter sur mes deux jambes car il n’y a rien de plus affligeant que de rester allongé sur la glace, transi de froid comme dans une mer glacée, et de voir filer autour de soi tous ces gracieux patineurs qui tracent leurs courbes à grande vitesse en distribuant de larges sourires, rayonnant littéralement de leurs prouesses. S’il arrive parfois qu’un ou deux  s’arrête et me propose son aide, je la refuse poliment. Je me redresse d’un bond et le plus modeste début de glissade est pour moi un authentique émerveillement.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :