lino

Vous êtes assis dans le compartiment vous n’arrivez pas à distinguer les visages les silhouettes vous penchez la tête décrochement vers le bas n’observez plus que les pieds noirs pointus lacés luisants accordés en tandem traçant des points géométriques sur le sol. (Une géométrie que vous ne voyez pas comme aléatoire mais peut-être comme un dessin fait à ce moment pour vous.)
Arrêt le quadrillage se tord perte de l’échiquier les pieds s’alignent et se croisent se collent dans la même direction la même fuite on ne distingue plus qu’un conglomérat turbulent de pattes chaussées, un empattement trouble et difforme ça s’éclipse.
Sonnerie les couples de mocassins se chevauchent s’agglutinent ça piétine ça tourne ça se resserre sur le carré de lino comme un tango désarticulé plus tard ça finit quand même par se caler en plusieurs tas ça ne bouge plus. (Vous dites ça parce que ça n’est pas la personne, ça a son autonomie, ça réagit en tant que pied, ça marche pour ainsi dire tout seul.)
Calme éparpillées quelques paires se tiennent droites légèrement écartées en v ou en y ou en croix dans un coin les escarpins se mettent à leur aise les derbys se relâchent sur la surface mouchetée ça respire.
Sonnerie au dernier moment irruption de deux bottines sombres à talon aiguille panique chez les richelieus. Ça balance ça s’éloigne imperceptiblement ça revient mouvements de souliers effleurement des empeignes les bottines s’en fichent elles tortillent pivotent tergiversent repèrent enfin une place là-bas filent s’asseoir.

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