déchaussement

drapeau

On constate de plus en plus dans cette ville un certain nombre de déchaussements. Pour une raison encore inconnue, un échantillon quotidien de passants se met subitement à choir au milieu de la rue. Au point qu’il est aujourd’hui impossible de savoir lorsqu’on sort de chez soi si l’on ne va pas à un moment donné se casser la figure, et la grande occupation des riverains consiste désormais à repérer qui va se donner malgré lui en spectacle par une de ces consternantes culbutes. Si c’est votre tour ce jour-là, les voisins hocheront sensiblement la tête en vous contemplant à terre avec un sourire signifiant qu’ils étaient sûrs de ce dénouement. Si par chance vous gardez votre équilibre, ils applaudiront avec un sourire plus large encore, jurant qu’ils n’en avaient jamais douté.
Je ne sais à dire vrai ce qui provoque ces chutes. En ce qui me concerne, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un défaut dans le revêtement de mes semelles. Mais remplacer les chaussures n’a pour le moment rien changé (je n’ai pas l’intention d’entretenir tous les chausseurs de la ville pour m’en convaincre. A moins effectivement que tous les chausseurs ne soient de mèche, dans ce cas ils ne vont sans doute pas tarder à devenir les maîtres de la ville). La seconde piste consiste à éplucher de près la qualité du terrain sur lequel nous évoluons et plus particulièrement les différentes substances qui composent notre asphalte et dont certaines pourraient être de nature à provoquer ces déséquilibres. Une association d’habitants a d’ailleurs confié à un expert indépendant de la municipalité la tâche de mener toutes les investigations nécessaires, mais nous n’avons pour l’instant aucun retour concluant.
Ce dont nous sommes sûrs aujourd’hui, c’est que par un phénomène étrange et communément observé, en pleine marche les chaussures restent brusquement collées au bitume et refusent en quelque sorte d’avancer. Le pied dans son élan ne peut alors s’arrêter, ce qui provoque inéluctablement la chute, avec des conséquences plus ou moins ennuyeuses pour la victime, allant d’un séjour à l’hôpital au simple fait de se retrouver en chaussettes sur le trottoir.

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