tentation

tentation

– Mais pourquoi diable tentez-vous les pickpockets ? questionnaient les agents des transports à la dame, vous savez bien qu’une telle attitude est formellement déconseillée pour le bon déroulement du voyage.
– Laisser comme ça son sac grand ouvert, c’est scandaleux, quel gâchis, commentaient à voix haute les voyageurs autour d’elle. C’est effrayant qu’il n’y ait pas une loi pour interdire ça.
La dame est tranquillement assise sur son strapontin et laisse dire, les bijoux dégoulinant de sa besace offerte. Elle use et abuse de grossiers stratagèmes pour se faire voler, sous le regard outré et concupiscent de ses voisins et voisines. Des billets de cinq cents euros pointent insolemment leur nez des nombreuses poches de ses vêtements, tandis que ses bras filiformes laissent pendre avec négligence des petites rivières de diamants.
– Vous ne vous rendez manifestement pas compte des soucis que vous nous donnez, se lamentaient les agents. Si tout le monde était comme vous, on ne saurait plus où donner de la tête, on ne s’en sortirait pas.
Tout le wagon ému par cette situation ennuyeuse s’efforçait de la faire changer d’attitude.
– Voyons, madame, rangez vos bijoux, soyez raisonnable, conseillait l’un.
– Vous pourriez peut-être en donner quelques uns, faire une œuvre de charité, proposait timidement l’autre.
Quant aux pickpockets qui se trouvaient là par hasard, tout honteux, ils ne savaient plus où se mettre. Certains tentèrent discrètement de négocier avec la dame quelque chose de plus discret, lui suggérant de retenir un peu son sac, de ranger au moins quelques diamants pour sauver les convenances. Mais la dame ne veut rien savoir. Alors le plus jeune d’entre eux, dégoûté de ne pouvoir faire son travail correctement, décida de jeter l’éponge et descendit à la station suivante.
Tout le monde était à présent massé comme une enceinte tutélaire autour du strapontin. Mais à l’arrêt d’après une large foule pénétra dans le wagon. Ce fut la confusion générale. Un peu plus tard enfin le compartiment se vida complètement. La dame est maintenant debout, un peu dépenaillée, la mine radieuse, le corps léger elle lève une jambe et descend du wagon.

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