vieux

parapluie1

Depuis quelques temps, il m’arrive fréquemment de me prendre un coup de vieux. Dans la rue, n’importe où, ça me tombe dessus sans prévenir. On dirait que tous se sont donné la consigne d’avoir ma peau. Sans que j’aie rien demandé à personne, je reçois toute une flopée de coups de canne, de parapluie, de sac, ou à défaut d’accessoire, un simple coup de pied bien envoyé dans le tibia. Envoyé pour faire mal, ça ne fait aucun doute.
A la longue c’est assommant, et je ne parle pas des bleus que j’ai partout sur le corps.
Je ne sais si certains d’entre vous se sont déjà trouvés confrontés à la vieillesse. Pour ma part, je considérais jusqu’à présent ce monde-là comme une bulle plutôt discrète et foncièrement inoffensive. On n’est jamais assez méfiant. Par exemple l’autre jour ce papy que j’aidais à traverser la rue et qui m’a envoyé un coup de coude bien sec dans les côtes, en ce moment même je le sens encore.
Cette histoire va finir par salement m’amocher. Et me briser le moral. Pourquoi moi ? Qu’est-ce qu’ils me veulent ? J’ai bien essayé de discuter mais impossible, ils cognent c’est tout, puis ils s’en vont l’air de rien, la mine satisfaite. Je me demande d’où leur viennent une telle énergie et une telle hargne.
Je sais combien la scène a dû paraître choquante, mais l’autre fois il m’a fallu repousser assez fermement une arrière-grand-mère qui me pourchassait avec une broche fantaisie. Si je l’avais laissée faire, à l’heure qu’il est je serais probablement éborgnée.
Mais maintenant, ça suffit. Dès que j’en vois un qui s’approche avec un air mauvais ou louche, je fais face, j’anticipe. Sans attendre qu’il m’écharpe, je lui flanque aussitôt une bonne baffe ou un coup de poing. C’est comme ça. Je n’ai pas l’intention de me laisser faire une minute de plus par cette infâme bande de brutes.

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2 Commentaires

  1. PdB

    Il arrive que nous ayons des gestes inconsidérés envers nos contemporains, mis le plus souvent , ce sont des réflexes comme parfois dans le métro on marche sans le savoir sur un pied avec application, ou ce coup de coude en attendant que le petit bonhomme devienne vert (nous ne traversons que lorsqu’on nous en donne l’ordre- nous fredonnons de petites comptines à ces occasions). Moi aussi, j’ai pris un coup de vieux à mon dernier anniversaire : je me suis rendu compte tout à coup de cet âge (à peine) avancé, senior, troisième voire quatrième ou cinquième âge, les tenants des manettes là-haut ne savent plus exactement comment nous qualifier (on disait grand père, grand mère, puis arrière grand mère mais ensuite ? ça va l’aïeul ? comment va-t-on nous appeler lorsque nos arrière-arrière-arrières petits enfants auront vingt ans ? Parfois le corps résiste et ne veut pas en faire à notre tête, vous avez remarqué aussi, je vois… Vous avez raison de vous battre et de prendre les devants – seulement le temps va vous rattraper et à ce moment…)

  2. ruelles

    Il arrive aussi qu’on ôte son chapeau pour rire (un peu, un moment, c’est toujours bon). Puis des fois c’est la tête qui résiste et ne veut pas en faire à son corps, tenez, cette fillette, . Bien à vous.

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