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Lorsqu’on veut sortir de chez soi sans se séparer de certaines affaires, le plus simple est de se munir d’un sac, qu’on remplira à hauteur de ses besoins ou de ses goûts. Le mien est à cet égard d’une facture tout à fait classique, de taille moyenne, se portant en bandoulière, se fermant avec une simple pression.
Le seul problème est que ces derniers temps lorsque je sors de chez moi, mon sac s’ouvre inopinément et se déverse dans son intégralité sur la chaussée. A la suite d’un violent hoquet il s’échappe littéralement de mon bras et se jette béant sur le bitume où il se répand allègrement. Quant à moi, il ne me reste plus qu’à me baisser et à rassembler une à une toutes mes affaires éparpillées sur le sol.
Les premières fois j’ai cru qu’il s’agissait de coups de vent furieux qui en me trouvant dans la rue désarçonnaient mon sac et le flanquaient brusquement à terre, sens dessus dessous. Or force est de constater que ce renversement se produit alors même qu’il n’y a aucune brise alentour. Le fait est que, dès que je me mets à marcher sur le trottoir, mon sac se soulève de lui-même et se fiche par terre, de sorte qu’il me faut à chaque fois retrouver, réunir, redisposer mes affaires à l’intérieur. Mais outre l’incommodité de devoir ramasser ses effets personnels dans une position accroupie, y compris de progresser en canard pour rattraper les objets les plus reculés, offrir ainsi ses petites affaires à la contemplation de tous les badauds a quelque chose de mortifiant. Ceux-ci ne manqueront d’ailleurs pas cette occasion de sourire en feignant l’étonnement à propos de tout ce que peut contenir un sac, ou bien encore de grimacer à la vue de tel ou tel objet qui leur semblera parfaitement incongru ou inconvenant.
J’ai bien pensé à cette solution de maintenir mon sac davantage serré entre mon bras et mes côtes, pour ainsi dire blotti contre mon flanc, ou mieux de le glisser à l’intérieur de ma veste ou éventuellement même de mon corsage afin que plus rien ne déborde ni ne s’échappe. Mais est-il possible de maintenir ainsi sur soi un sac hermétiquement fermé ? Et à quoi sert-il d’avoir un sac s’il s’agit de ne pas l’ouvrir ? Autant sortir les mains dans les poches.

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5 Commentaires

  1. lebrac

    Etonnant cette mise à sac de vos effets personnels .
    Personnellement , je sors sans sac mais j’avoue parfois ne pas savoir quoi faire de mes mains .

  2. ruelles

    alors prenez un livre, par exemple d’Odilon Jean Périer, et ouvrez à la page du Buveur de café…

  3. lebrac

    Pardonnez mon inculture .
    Dans quel ouvrage pourrai je boire ce texte ?
    Ne l’ai pas trouvé sur le net .

  4. ruelles

    Désolée pour le côté leçon, mais quand vous avez parlé de vos mains dont vous ne savez que faire parfois, j’ai aussitôt pensé à ce poème d’Odilon Jean Périer dont je me rappelle quelques bribes, qui commence par : Le buveur de café rit, il est triste et mal rasé… et où il est dit plus loin : Oh mes belles mains sans emploi, voilà, c’est à ça que j’ai pensé. J’avais ce livre, mais je l’ai perdu. Ce poème se trouve dans le recueil « Le promeneur » je crois.

  5. lebrac

    Merci pour le lien . Comme un passage de mains en fait .
    J’irai me promener du côté de Périer , mort à la fleur de l’âge .
    Le pauvre .

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