53

53

Au 53 dès que la grande porte de la rue est refermée règne partout un profond silence. Sur les boîtes aux lettres, les portes ne figure aucun nom, seulement quelques petits dessins. Ici on parle le langage des signes, on écrit avec des images.
Au deuxième monsieur Sam, qui passe chaque jour deux heures quarante dans le train pour se rendre à son travail, s’assoit à présent dans son fauteuil tout contre la fenêtre et, inversant le processus, contemple sans bouger le défilement.
Au septième étage en arrivant chez elle une femme retire vivement son foulard, ses lunettes de soleil, ses boucles d’oreilles, sa veste, ses chaussures, son collier, sa bague, son bracelet, sa jupe, son chemisier, son soutien-gorge, ses bas, sa culotte puis triomphante, sa peau.

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3 Commentaires

  1. PdB

    une merveilleuse nouvelle de Théodore Sturgeon sur le thème du 7° étage du 53 (mais l’héroïne en changeait, tandis que le vieil homme du 5° lui subtilisait celle de remplacement…)

  2. ruelles

    Merci du tuyau, cette histoire m’a l’air en effet bien coriace… Ici vous voyez la locataire a simplement une peau, toujours la même, aussi est-elle contente de s’en défaire de temps en temps.

  3. PdB

    c’est certain… j’étais en train d’essayer de retrouver le bouquin, mais je n’arrive pas à mettre la main dessus… c’était vraiment (mais vraiment) une histoire blessante… brrr…

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