51

51?

Au 51 il y a des mocassins, des sandales, des bottines, des espadrilles, des baskets, des escarpins, des richelieus, des ballerines qui remuent et se croisent, tout un enchaînement de chaussures qui s’agitent.
Au 51 il n’y a rien, ni numéro ni porte, mais des pieds, des tas de pieds chaussés qui défilent, des milliers de pieds qui se lèvent et retombent quelques décimètres plus loin. Au 51 on ne s’arrête pas, ou alors c’est pour acheter, demander l’heure, de l’argent, son chemin.
Au 51 il n’y a pas de 51 il y a juste de l’air, un long écoulement d’air, une rue qui fend une autre rue et interrompt cette longue succession de bâtisses, traversant un immeuble qui n’est plus. Les gens sans le voir marchent sur le 51, passent l’immeuble, les appartements, tranchent l’escalier, le perron et continuent de marcher. Ils traversent des couloirs, des portes, des escaliers, des cuisines, des chaises, des armoires, des télévisions, des lavabos, des gens qui dorment ou qui mangent ou qui boivent le café, au 51 il y a des tas de gens qui sans les voir en traversent d’autres qui ont disparu.

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