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Au 29 huitième un locataire fraîchement arrivé dans l’immeuble ne cache pas son orgueil d’habiter au dernier étage, car outre le privilège de jouir d’une vue imprenable sur la ville, il se targue du fait que pas une âme ne piétine au-dessus de sa tête.
Les locataires du quatrième étage ne parviennent pas à comprendre par quel basculement leur charmant voisin de palier, qui avait certes la manie de jeter par la fenêtre les cendres de ses cigarettes, parfois quelques coques de cacahuètes ou emballages de gâteaux, des miettes et résidus de sa nappe en est arrivé à la nappe elle-même, puis à la table, aux chaises, au tapis et peu à peu à tout ce qui débordait dans son appartement, visiblement résolu à le liquider.
Au troisième, le cerveau vivifié, moussant, ruisselant, l’homme se répand dans un foisonnant discours, une fraîche cascade surgissant de sa bouche, les mots fusant, clairs et limpides, le flux abondant, jaillissant, ne s’arrêtant plus, sous le regard pantois d’un petit groupe de canards alignés sagement sur les bords carrelés de la douche.

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