13-15

13-15

Le 13-15 n’existe pas. Entre le 11 et le 17 n’a lieu que la continuité d’un mur, et celle des foules qui le longent. On aurait beau marcher ici on ne s’arrêterait pas, on serait pris irrésistiblement dans la chaîne des pas. Tout serait glissant.
Dans ce court intervalle il ne se passerait rien qu’un bond que le pied ferait sans s’en apercevoir. Les jambes seraient coupées à cet endroit mais se reconstitueraient au suivant, sans souvenir, les paupières ne se relevant que plus loin. Ce serait comme une parenthèse invisible, avec trois petits points blancs.
A cette place inconnu il y aurait un désert. Tout serait oublié avant d’être saisi, les gens passeraient sans voir qu‘il n’y a rien, que les numéros non tracés sont vides. Et le mur prolongerait d’évidence l’illusion de cette réalité absente, de cette latence, gardant naturellement le mystère. Façades, fenêtres, toits, gouttières se serreraient muettement les coudes et laisseraient passer, maintenant le secret.
Le 13-15 cède son tour, au suivant. Continuer à marcher, à ne pas s’arrêter, à raser ce mur compact dans la rue sans fin.

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