gaieté

ete

Soudain quel gai été on se dit. Tout d’un coup cette farandole dans la rue, cette fanfare, ce débordement de joie partout, on sent tout de suite que c’est radical, toutes ces épaules, ces cous, ces coudes, ces mollets qui s’épanchent, toutes ces têtes qu’on a ressorti des armoires, tous ces corps enfermés, on a plié l’hiver, on a secoué le fond des placards, on a retrouvé son gai été, et toutes ces couleurs maintenant, cet arc-en-ciel dans les rues, ce bariolé partout, on a osé les fleurs, on a osé les fuchsia, on a osé les violet, on a osé le bariolé, le fluo, on a osé tout ça, et toutes ces tenues frivoles, ces petites culottes courtes qui se transforment en papillons de trottoirs, toutes ces lunettes, ces bracelets, ces bandeaux, ces casquettes, et puis toutes ces peaux qui ressortent, ces corps qui se libèrent, ces bras ces jambes tous ces doigts de pieds qui respirent, ça sent bon, oh oui ça sent bon les corps, l’affranchissement des placards, tous ces membres qui débordent, ces formes qui éclatent, et cette légèreté soudain, cet air décontracté, ce desserrement, tous ces vêtements qui gueulent leur joie, tout ça, ces tissus légers, ces matières fines et douces, ces teintes joyeuses, vives, ces strass, toute cette brillance, cette lumière, on dirait que toute la ville s’est réveillée, c’est toute une explosion de chair, de joie, soudain le monde est heureux, la vie si belle enfin, tout a changé, toute la vie a changé, on marche léger maintenant, liquidé l’hiver, on a perdu le poids des corps, on est dans ses sandales, on est bien, on n’a plus honte, on n’a plus peur, on est redevenu des enfants.

Publicités

2 Commentaires

  1. PdB

    les contributeurs, quelle drôle d’engeance… enfin, n’importe, la couleur, le désengagement (euh non, c’est pas ça, déménagement?) je ne sais plus sur Tiers Livre m’intime parfois (comme le disait le libraire Hababuk) de créer un blog : je tiens bon, encore, et ne reste que lecteur, amant et aimant de ce que vous faites – vous comme d’autres, n’importe – je vous suis même si vous ne m’y discernez pas tout à fait…

  2. ruelles

    Peut-être préférez-vous cette liberté-là, d’être sans blog fixe, tout en distillant ça et là votre parole, mais si vous-même êtes tenté, allez-y, il n’y a qu’une voie à traverser, ni porte ni verrou, juste un pas… Merci de votre passage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :