labyrinthe

labyrinthe

C’est surtout cette ivresse quand on vous parle et que vous n’y êtes pas, autour de vous les bouches se gonflent et se rétractent à mort et ça n’a pas de fin, extension des mâchoires qui débordent des visages, extension rotation des visages qui se déforment, tout se déforme, c’est toi qui explose. A l’intérieur de vous les routes sont obstruées, obstinées à s’évanouir, il n’y a plus de bord ni de bout. La sortie soudain. Où sont les portes ? les flèches ? Vous tutoyez le vide. Vous savez que vous n’avez pas bu et vous êtes saoul. Vous vous tenez immobile sans pouvoir vous empêcher de tourner. La droite bondit à gauche et la gauche fuit. De partout vous fuyez. Vous voulez lâcher votre corps. Vous éclipser. Vous vous bouchez les oreilles. Quitter juste cette ronde, ce dancing. Vous êtes en morceaux, vous vous éparpillez. C’est le palais des haches. Vous n’entendez plus rien. Vous tendez la main et tout le reste chute. Vos oreilles ont fichu le camp, les sons vous arrivent de nulle part. Vous posez un pied et c’est le sol qui s’écroule. C’est vous. On vous parle et vous tombez. On vous regarde et vous êtes en train de fondre. Vous n’arrêtez pas de vous rompre. Vous êtes de la matière vivante, mouvante, de la texture molle, comme de la terre fraîche, vous vous décomposez, vous coulez de l’intérieur. C’est la mer en vous. C’est la tempête en vous. C’est le dégel. Vous ne vous tenez plus. Vous êtes pris de vitesse. Vous mangez et ça déborde. Vous lisez et ça s’envole. Ça se dérobe dessus et dessous. Vous ne savez plus si l’intérieur est à l’extérieur, ou si c’est l’extérieur qui est dedans. C’est résolument à double tranchant. Vous réfléchissez, ne cessez de réfléchir pendant que la fiction se propage. Vous vous dites que tout ça ne va pas durer, que c’est de la foutaise. Vous fermez les paupières et c’est pire. Vos yeux cherchent à s’évader. Vous ne les contrôlez plus. Ils font pression sur les orbites, entraînent le nerf qui s’étire élastique puis reviennent plus obsédés encore. On vous assure que si vous n’essayiez pas de marcher si vous ne vous entêtiez pas à vous lever si vous vous arrêtiez un moment tout ça s’interromprait aussi tous les objets reviendraient peu à peu à leur place tous vos membres se reposeraient un à un et ce serait fini. Mais tu ne peux pas t’allonger, tu ne veux pas t’allonger.

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Un commentaire

  1. PdB

    oui, c’est bien comme ça, la mort… c’est l’âme qui veut s’enfuir, voilà… ou l’énergie qui ne veut pas poindre… et c’est là que le drap vous vient au visage… le blanc des yeux… mais c’est bien ça, l’amour aussi, même les sens se perdent, même les yeux qui commencent à pleurer parce que on ne sait plus bien si c’est dedans ou dehors qu’on aime, qu’on vous aime, qu’on t’aime… non, la vie, des fois c’est dur comme de la pierre, malheureux aussi, et décevant, et parfois, voilà, que ça s’illumine… alors on dort… debout, et ça, c’est bien aussi (on se croirait au ciné) (mais debout)

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