les heures heureuses

Les heures heureuses ne durent pas longtemps. Les heures heureuses sont des heures à part qui n’ont pas lieu tout le temps. Les heures heureuses zozotent à nos oreilles des promesses de moments privilégiés, des promesses d’heures privilégiées où il fait particulièrement bon vivre, où on se sent particulièrement léger, où on a envie de se sentir plus léger. Les heures heureuses sont particulières, elles sont faites pour qu’on se sente bien, pour qu’on se sente détendu. Les heures heureuses sont des heures plus molles, plus moelleuses que les autres, comme moulées dans de la mousse légère. Les heures heureuses sont des heures coulantes, des heures qui glissent, qui coulent à la façon d’un fleuve ou d’une rivière, de quelque chose de dense qui s’écoule, qui est dans un mouvement de liquidité continu, dans un mouvement d’entraînement de liquides. Les heures heureuses sont des heures où tout baigne, où l’on baigne soi-même dans un jus parfumé, de parfum exotique. Pendant les heures heureuses on se sent soi-même léger et souple comme de la crème liquide, il y a du liquide à profusion, on ne compte plus la quantité de liquide autour de soi. Le temps est liquide, les chaises sont liquides, les tables sont liquides, les visages des voisins sont liquides, on oublie tout, on mélange tout, le temps coule, tout baigne, il y a une espèce de glissement, de flottement continu. Les heures heureuses ne durent pas éternellement, elles ne sont pas là pour durer. Les heures heureuses sont précises, elles ont la précision d’un lever de rideau ou d’une sonnerie. Parfois il faut attendre plusieurs heures pour pouvoir entrer dans les heures heureuses. Il faut passer un tas d’heures, de minutes exécrables avant d’arriver aux heures heureuses, toutes les autres heures sont un bloc d’heures indéfinies et exécrables, un énorme entassement de minutes exécrables, toute cette solidité de la vie est exécrable.

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3 Commentaires

  1. Pingback: — I confess — « Les soubresauts

  2. F

    marrant ces traversées Bagnolet Montréal et retour ! crisse d’ostie, tu devrais lui demander de t’offrir billet d’avion pour vider une bière là-bas…

  3. ruelles

    Ah ça j’aimerais bien ! en attendant j’ai bu un coup à sa santé ! Merci de ta visite

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