excuses

Des excuses ! je lui demandais comme ça, et lui a simplement parlé du mauvais temps, des piqûres d’insectes, des trous dans son porte-monnaie, de la perte de son téléphone, de sa mauvaise humeur, de sa mauvaise connexion réseau, de sa dépression qui revenait, de la boulangère qui n’avait plus de croissant aux amandes, de la montée du racisme, de ses hémorroïdes, de ses cauchemars qui revenaient, de la jalousie de ses collègues, de sa tendance récurrente à boire un peu trop, des problèmes avec son patron, de sa petite amie qui l’avait menacé de le lâcher, du gouvernement de chiottes qu’il y avait en ce moment et de sa politique de chiottes, de l’incertitude du lieu de ses prochaines vacances, des crises d’asthme de son chien, du prix de la vie qui augmentait, du ratage d’un stupide pari macho avec des amis, de ses amis qui n’en étaient pas et de ceux qui ne voulaient pas en être, du plantage de son ordinateur, de l’Alzheimer de sa mère, de sa tendance à prendre tout au pied de la lettre, de la montée du chômage, de sa tentative avortée d’arrêt du tabac, de son projet de roman qui n’avançait pas, de sa crainte d’un conflit nucléaire, de son sentiment de confusion particulièrement accru ces derniers temps, de son sentiment confus et généralisé que sa vie avait quelque chose de tout à fait merdique, que toute sa foutue vie était un merdier gigantesque, tandis que je lui demandais pourquoi il m’avait pris pour un con.

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5 Commentaires

  1. brigitte celerier

    superbe paquet d’excuses – que choisis tu ?

  2. ruelles

    p’tit faible pour les hémorroïdes

  3. cjeanney

    la tentative avortée d’arrêt du tabac pour moi (peut s’utiliser chaque matin, pratique)

  4. Jeanne

    je ne lui laisserais aucune excuse à moins d’un sourire..

  5. PdB

    typiques du paranoïaque critique qui sommeille en chacun de nous, ces excuses : il n’a cependant pas invoqué le retard des trains qui arrivent toujours, cependant, en gare de Perpignan, non plus que les remontrances qu’il subissait à chacun de ses retards en CM1, encore moins l’état de déliquescence avancée décrépite de l’épouse du capitaine des chiottes (encore que capitaine pour qualifier ce petit truc ignoble soit à l’évidence un habit bien trop grand pour vêtir ce corps malingre, chétif et bourré de tics odieux qui laissent cependant transparaître un inconscient sans doute ignorant du temps mais pourtant crapoteux et un égo surdimenssioné) surtout lorsqu’elle tente, cette épouse (encore une excuse qu’il n’a pas ourdie) de chanter (encore un bien gros mot pour ce type de bruit inaudible et abscons), enfin il en a oublié et moi-même, par la même occasion, j’en oublie aussi pour tout à trac lui renvoyer en travers du visage un « toi-même! » assez bien senti (quoique, j’en conviens, assez simplet -sinon complètement niais – en cette occurrence)

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