coups

Vous avez toujours reçu des coups. Depuis votre plus tendre enfance les coups font partie du paysage plus ou moins occasionnel ou accidentel de votre vie. Le premier coup, vous ne vous en rappelez plus, votre corps en garde peut-être la mémoire mais votre conscience l’a depuis longtemps oublié. Il y a sans doute des coups dont vous vous souvenez de manière plus précise, qui vous ont marqué, et qui font partie d’un ensemble de multiples incidents, petits et grands, qui jonchent le terrain de vos souvenirs, et que vous regardez à présent avec une pointe de bienveillance, une distance qui s’apparente peut-être à de la nostalgie.
Les coups font depuis si longtemps partie de vous, de votre terrain personnel, qu’ils ont acquis la banalité des différents jalons de votre histoire. Les coups ressemblent aux multiples bosses d’un chemin que vous avez accepté de prendre, peu importe ce chemin. A la manière d’un terrain accidenté, les coups semblent de simples épreuves sur un parcours vaguement linéaire que vous avez comme tout le monde brillamment passées.
Les coups, vous vous en rendez compte pourtant, vous arrivez depuis quelques temps de moins en moins à les encaisser. En dépit de la longue expérience que vous en avez acquise, vous remarquez que vous avez de plus en plus de mal à vous relever après un coup. Vous avez beau vous dire que ce n’est qu’un coup de plus dans une longue succession de coups auxquels votre corps et votre esprit se sont chacun à sa manière habitués, vous avez l’impression à peu près nette que chaque nouveau coup participe désormais d’une entreprise de plus en plus précise pour vous mettre à terre.
Malgré la certitude progressivement ancrée en vous que tous ces coups n’ont finalement eu pour effet que de vous rendre plus fort, vous remarquez ces derniers temps que les coups ressemblent de plus en plus à des coups faits pour vous mettre peu à peu hors jeu, comme si tous ceux dont vous ne vous souvenez plus avaient patiemment tissé leur toile dans l’intention ultime d’avoir définitivement raison de vous.
Mais passé ce moment de faiblesse, comme à votre habitude vous avalez le dernier coup et vous vous redressez soudain, vous avez à nouveau le sentiment de regagner du terrain.

Publicités

Un commentaire

  1. Et on accuse le coup comme une reddition temporaire ou comme un jugement froid et distant : c’est la faute au coup donc pas la nôtre.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :