coupe

Je me sentais vaine. Dans l’affrontement j’avais déjà perdu mes deux bras. Je restai néanmoins longtemps encore à faire comme s’ils étaient toujours là, par fierté. Je gesticulais dans le vide, reculais et avançais, me cabrais comme un cheval, opérais de vastes figures destinées à l’impressionner, me balançant, tournoyant devant lui d’une manière menaçante et grotesque, tandis que mon adversaire me regardait me démener avec mon buste tronçonné et ne bougeait pas d’un millimètre, souriait seulement, de temps en temps, comme s’il voulait me faire plaisir. Son attitude hautement cruelle me poussa bientôt à réagir. Je m’immobilisai alors complètement devant lui. Dès qu’il plongea son regard dans le mien, il me vit le gifler violemment puis le prendre par la peau du cou et le secouer comme une boîte d’allumettes, puis le gifler encore, de l’autre côté du nez, faisant valser sa tignasse jusqu’à terre puis l’étalant, le piétinant membre après membre, l’essorant comme un tapis de bain. Or il me voyait lui faire la peau et il ne bougeait pas plus que tout à l’heure, gardait le même sourire. Je compris que c’était un lâche, en eus aussitôt assez et m’en allai.

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