le vieil homme et l’espadon

« Et puis il commença à plaindre le grand poisson qu’il avait ferré. Il est merveilleux et étrange, et qui sait quel âge il a, pensa-t-il. Personne n’a jamais ferré un poisson aussi fort, ni vu un qui agisse si étrangement. Peut-être qu’il est trop sage pour sauter. Il pourrait me détruire en sautant, ou en essayant de s’échapper. Mais peut-être qu’il a déjà été ferré plusieurs fois, et il sait comment il doit mener son combat. Il ne peut pas savoir qu’il a affaire à un seul homme, et non plus qu’il s’agit d’un vieil homme. Mais qu’est-ce que c’est comme grand poisson, il rapportera quoi, quand je l’apporterai au marché, si la chair est bonne. Il a pris mon appât comme fait un mâle, il tire comme fait un mâle, et dans son combat il n’y a pas de panique. Ce que je me demande, c’est s’il a un plan, ou s’il est juste désespéré autant que moi.»

Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer, traduction François Bon.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :